Mariage forcé au Sénégal : la CNDA reconnaît la qualité de réfugiée
Dans une décision rendue le 13 mai 2025, la Cour nationale du droit d’asile a reconnu la qualité de réfugiée à une ressortissante sénégalaise qui avait fui un mariage forcé.
La jeune femme, originaire du sud-est du Sénégal, avait été contrainte par sa famille d’épouser un homme qu’elle n’avait pas choisi. Elle avait refusé ce mariage, mais n’avait pas pu obtenir le soutien de sa famille ni une protection effective des autorités. Elle avait finalement fui son domicile conjugal et quitté le Sénégal.
La CNDA rappelle que, dans les régions où le mariage forcé constitue une pratique sociale importante, les femmes qui refusent de se soumettre à un mariage imposé peuvent constituer un groupe social au sens de la Convention de Genève.
La Cour relève également que, malgré l’interdiction légale du mariage forcé au Sénégal, cette pratique persiste et que la protection offerte aux victimes peut s’avérer insuffisante.
Au regard de son parcours et des risques auxquels elle serait exposée en cas de retour, la CNDA a considéré que la requérante craignait avec raison d’être persécutée. La décision de l’OFPRA a donc été annulée et la qualité de réfugiée lui a été reconnue (CNDA 13 mai 2025 n°24045695).
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